Le travail d’écriture de Claire Luzi
« Mon parcours ? Des années de solide formation classique en piano et chant choral, contemporain, un Diplôme de Musicienne intervenante en milieu scolaire, un compagnonnage auprès de la grande chanteuse brésilienne Teca Calazans, et puis… la mandoline ! En Corse, avec mon grand-oncle, puis auprès de Patrick Vaillant, et finalement au Brésil avec Pedro Amorim et Marco César, le Brésil où j’ai trouvé la musique qui me correspond : le choro, qui allie les mélodies de Chopin avec les syncopes qui font danser mon âme ! »
« Dans mes chansons j’ai mis tout ce que j’aime, et tout ce que j’ai appris : un engouement total pour les mélodies de Chopin ; en grandissant j’ai écouté Bourvil, Boby Lapointe et plus tard, Nougaro donc chaque mot me bouleverse, et puis Juliette, entre autres… »
« Au départ c’est une mélodie qui me parle. Je l’écoute et je m’en imprègne jusqu’à sentir de quoi elle voudrait parler, quelles sont les émotions, les secrets subtils que la musique transporte. J’essaie de deviner les mots plus que ce que je les invente. Je cherche à trouver l’osmose parfaite entre la courbe de la mélodie et celle des mots, tant dans leur sens que dans leur son. »
Claire trouve les mots avec la même légèreté, la même poésie et la même profondeur qu’elle disperse à nos oreilles les notes de sa mandoline, ou sa voix.
Le titre « musique savante » attribué au choro brésilien pourrait paraître de prime-abord pompeux ou « trop intellectuel », mais dès les premières phrases Claire balaie de notre tête cette coquine petite idée, et nous embarque dans son monde où s’entremêlent contemplations rêveuses, tableaux pittoresques « tantôt de la ville, tantôt de la nature » rendus intensément poétiques sous sa plume, touches d’amours bienveillantes, lumières aux énergies précises, jeux de mots à faire sourire les oreilles et la figure, rondes insouciantes ou charnelles, mélancolies délicieuses…
comme de jolies mèches d’une tresse aux délicats grains de folie…
« Fais de moi ton porte-voix, souffle-les moi, les mots, les mots-sillon »
« Laissez la lumière allumée dans cette cabane, et si vous n’avez pas de maison, ouvrez votre cœur »
« Dans ce jardin on a le temps, tout coule et roule doucement »
« raisin mûr, le temps, caresse, que dure, l’attente, tu arrives, délice, et nous boirons, le vin, enfin, des grains qu’a donné, la vigne de ce jardin, jardin Paradis, premier jardin de ce monde »
« Lune d’automne murmure et fredonne, mûrit les ventres et mûrit les grains »
« Cordonnier sapateiro, la savate misère, plastique ou caoutchouc, devient botte princière, car jamais il n’échoue »
« sous sa chemisette, son petit coeur fait toum toum toum »
« Naît nait, toute petite fille, le soleil vient déjà te jouer des comptines qui inspirent de vieux madrigaux »